Comment le monde a découvert les camps de la mort nazis


Paris (AFP) – Des images de ce que les Alliés ont découvert lors de la libération des premiers camps de la mort nazis vers la fin de la Seconde Guerre mondiale ont attiré l’attention mondiale sur l’horreur de l’Holocauste.

Beaucoup de ces images épouvantables ont d’abord été cachées au grand public, en partie par souci pour ceux dont les proches ont disparu.

Les camps de concentration et d’extermination ont été libérés un à un alors que les armées alliées progressaient sur Berlin dans les derniers jours de la guerre de 1939-1945.

Le premier fut Majdanek, dans l’est de la Pologne, qui fut libéré le 24 juillet 1944 par l’armée rouge soviétique en marche.

Mais en France, ce n’est que l’année suivante que la couverture médiatique est encouragée par le gouvernement provisoire dirigé par le général Charles De Gaulle mis en place après la libération de la France.

– «Marches de la mort» –

En juin 1944, alors qu’il devenait clair que l’Allemagne perdait la guerre, le leader nazi Heinrich Himmler ordonna l’évacuation de certains camps avant qu’ils ne soient atteints par les troupes alliées et que leurs prisonniers soient transférés vers d’autres endroits.

Cela concernait principalement les camps des États baltes les plus exposés à l’avancée des troupes soviétiques. Les officiers paramilitaires responsables du Schutzstaffel (SS) ont reçu l’ordre de dissimuler toute trace de crime avant de s’enfuir.

Le complexe tentaculaire d’Auschwitz-Birkenau dans le sud de la Pologne, libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945, a été progressivement démantelé à partir de la mi-1944 et ses plus de 60 000 prisonniers évacués.

Lorsque les Soviétiques sont arrivés, il ne restait que 7 000 prisonniers, incapables de marcher et de suivre leurs camarades sur ce qui est devenu connu sous le nom de “Marches de la mort” dans d’autres camps.

– Images peu partagées –

La découverte des premiers camps a eu peu d’impact sur le grand public car les images n’étaient pas largement partagées.

Des enquêteurs russes et polonais ont photographié les camps de Majdanek et d’Auschwitz, et des photographes de l’armée américaine ont réalisé un documentaire sur le Struthof, le seul camp de concentration nazi basé dans ce qui est aujourd’hui la France.

Mais la France en particulier ne voulait pas qu’elles soient diffusées pour éviter d’alarmer des personnes dont des proches avaient disparu après avoir été expulsées, capturées ou enrôlées.

Un tournant est survenu le 6 avril 1945 avec la découverte d’Ohrdruf, une annexe du camp de Buchenwald en Allemagne.

– ‘Horreur indescriptible’ –

Lorsque les forces américaines – accompagnées du correspondant de guerre américain Meyer Levin et du photographe de l’AFP Eric Schwab – sont entrées dans Ohrdruf, elles sont tombées sur un brasier encore en flammes et des prisonniers squelettiques exécutés avec une balle dans la tête.

Le commandant suprême des forces alliées en Europe, Dwight Eisenhower, s’est rendu dans le camp le 12 avril, décrivant ensuite “des conditions d’horreur indescriptibles”.

La direction alliée a décidé immédiatement que toute censure devait être levée afin que le monde puisse voir des preuves des atrocités nazies.

Ce soir-là, le quotidien communiste français Ce Soir a publié en première page une photo d’un charnier.

Quelques jours plus tard, Eisenhower a déclaré que les journalistes devraient se rendre dans des camps “où les preuves de la bestialité et de la cruauté sont si écrasantes qu’elles ne laissent aucun doute sur les pratiques normales des Allemands”.

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