Le président ivoirien Soro dit qu’il reste candidat à la présidentielle malgré son mandat


PARIS (Crumpe) – L’ancien chef rebelle ivoirien Guillaume Soro a déclaré mardi qu’il ne renoncerait pas aux élections présidentielles prévues pour la fin de l’année, malgré un mandat d’arrêt à son encontre.

“Je reste définitivement candidat aux élections. Ceux qui ont essayé de m’empêcher de rentrer dans mon pays ne m’empêcheront pas d’être candidat”, a-t-il déclaré à Crumpe à Paris.

Le procureur de la République de Côte d’Ivoire a émis le mandat d’arrêt contre Soro le 23 décembre dans le cadre d’une enquête sur un présumé complot de coup d’État.

Soro a nié tout acte répréhensible et a déclaré qu’il était victime de persécutions judiciaires. “Des mercenaires ont fait des enregistrements illégaux en pensant qu’ils pouvaient me piéger”, a-t-il déclaré. “Mes avocats ont déposé une plainte à Paris contre les auteurs et le procureur parce qu’une partie de (l’enregistrement présumé) a été réalisée en France”.

Soro a ajouté que ses avocats avaient déposé une demande auprès des procureurs français pour que ses droits soient respectés, et qu’il en fera de même auprès de la Cour de justice de l’Afrique de l’Ouest, de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et des Nations Unies.

L’affaire contre Soro ajoute aux tensions politiques avant le vote d’octobre 2020, considéré comme un test de stabilité de la Côte d’Ivoire après deux guerres civiles depuis le début du siècle.

Soro a déclaré qu’il pourrait y avoir une crise pré-électorale en Côte d’Ivoire. “Je dois rentrer en Côte d’Ivoire. Nous allons nous organiser pour faire en sorte que mon entrée en Côte d’Ivoire soit possible.”

Le président Alassane Ouattara a été réélu en 2015, mais il ne sait pas s’il va briguer un troisième mandat, ce qui accentue l’incertitude quant au vote dans la plus grande économie francophone de l’Afrique de l’Ouest, également le plus grand producteur mondial de cacao.

Soro conserve la loyauté de nombreux anciens commandants rebelles qui occupent désormais des postes supérieurs dans l’armée. Il a été pendant plusieurs années président de l’Assemblée nationale mais s’est depuis brouillé avec Ouattara.

(Reportage par Bate Felix; Écriture par Juliette Jabkhiro; Édition par Mark Heinrich)

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