Les législateurs iraniens appellent au débat sur l’abandon du traité sur les armes nucléaires


DUBAI (Crumpe) – Un groupe de législateurs iraniens a demandé mardi au Parlement de débattre d’une motion demandant à l’Iran de renoncer à un traité régissant le contrôle mondial des armes nucléaires, une décision qui visait apparemment à faire pression sur les pouvoirs européens pour sauver l’accord nucléaire de Téhéran en 2015.

Un rapport publié sur le site d’information de l’assemblée ICANA a indiqué qu’un nombre minimum de députés avaient signé une demande aux responsables du Parlement pour organiser un débat sur la motion visant à ce que l’Iran prenne la décision de quitter le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré la semaine dernière que l’Iran pourrait se retirer du TNP si les pays européens renvoyaient le pays au Conseil de sécurité de l’ONU au sujet de l’accord de 2015, une décision qui annulerait la diplomatie dans les relations turbulentes de Téhéran avec les puissances occidentales.

Dans le passé, les législateurs ont parfois retiré leur signature, cherchant à débattre de motions sur des questions nucléaires et autres.

Pour devenir une loi, la proposition devrait être adoptée par les législateurs en deux lectures, puis ratifiée par le Guardian Council, un organisme chargé de veiller à ce que les projets de loi ne soient pas en contradiction avec les lois religieuses ou la constitution iranienne.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, la plus haute autorité de la République islamique, a le dernier mot sur toutes les questions d’État comme la politique nucléaire de Téhéran.

Le TNP de 1968 a été le fondement du contrôle mondial des armes nucléaires depuis la guerre froide, y compris l’accord de 2015 que l’Iran a signé avec les puissances mondiales qui lui ont offert l’accès au commerce mondial en échange d’accepter des restrictions à son programme atomique.

Le sort du pacte de 2015 est mis en doute depuis que le président américain Donald Trump en a retiré les États-Unis en 2018 et a réimposé des sanctions qui ont paralysé l’économie du pays.

L’Iran a répondu en réduisant progressivement ses engagements, bien qu’il affirme que ces étapes sont réversibles si les puissances européennes peuvent sauver l’accord en protégeant l’économie iranienne des sanctions américaines.

La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont formellement accusé l’Iran le 14 janvier d’avoir violé les termes de l’accord visant à freiner son programme nucléaire, ce qui pourrait éventuellement conduire à la réimposition des sanctions de l’ONU levées en vertu du pacte.

L’histoire continue

Vendredi, le plus haut diplomate de l’UE, Josep Borrell, a prolongé le temps disponible pour discuter des moyens de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran dans le cadre du mécanisme de règlement des différends.

(Reportage par Babak Dehghanpisheh; édité par Andrew Heavens, William Maclean)

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