«Le huis clos, c’est le protéger une nouvelle fois»


Ils sont les parents de Lisa*, celle qui, en 2017, du haut de ses six ans et demi, «a permis de stopper un prédateur». Ce vendredi 14 février, Laura T. et Jérôme L. ont réuni la presse au cabinet parisien de leur avocate, Me Francesca Satta, pour réclamer à nouveau que le premier procès de Joël Le Scouarnec pour agressions sexuelles et viols ne se déroule pas à huis clos. «Je n’y vais pas pour faire un repas de famille avec les Le Scouarnec, j’y vais pour me battre pour ma fille. Si certains n’ont pas été capables de dénoncer, moi je le ferai. Je veux que ce soit public. Les gens ont besoin de savoir», a déclaré avec force le père de Lisa. «Un procès à huis clos, c’est protéger Joël Le Scouarnec une nouvelle fois», a renchéri la mère de la fillette.

Celui qui est surnommé le «chirurgien de Jonzac» sera jugé les 13, 16 et 17 mars prochain par la cour d’assises de la Charente-Maritime pour agressions sexuelles et/ou viols sur quatre personnes, mineures au moment des faits: la petite Lisa, aujourd’hui âgée de neuf ans, ainsi que deux nièces et une patiente, qui ont désormais une trentaine d’années. Si l’une des parties civiles en fait la requête, l’audience se tiendra à huis clos, c’est-à-dire en l’absence du public et des médias, à l’exception du tout début du procès et du verdict.

Les deux nièces du chirurgien veulent un huis-clos

Or, si les parents de Lisa souhaitent que le procès soit public, ce n’est pas le cas des deux nièces du chirurgien. Le 14 janvier, dans Le Parisien, leur conseil Me Delphine Driguez a annoncé qu’elle demanderait le huis clos car «il est inimaginable pour elles de raconter leur vécu dans une salle comble, et de voir leurs propos retranscrits dans la presse». «J’aurais aimé qu’on en parle, qu’on se concerte tous ensemble», regrette le père de Lisa. Le défenseur de Joël Le Scouarnec, Me Thibaut Kurzawa, a quant à lui confié à l’AFP sa «perplexité» quant à la «sérénité des débats» si l’audience devait être ouverte à tous.

L’avocat a également dénoncé un «acharnement public» contre son client, qui est désormais suspecté d’avoir agressé sexuellement 349 personnes au cours de sa carrière. Une cellule nationale d’enquête a été mise en place pour «identifier, localiser et entendre l’ensemble des victimes potentielles figurant dans les écrits de M. Le Scouarnec», ces fameux carnets retrouvés au domicile du sexagénaire, a annoncé la procureure de la République de Lorient le 20 décembre dernier. Selon elle, l’enquête préliminaire en cours se poursuivra «au moins pendant tout le cours du premier semestre 2020 avant d’envisager l’ouverture d’une information judiciaire».

*Le prénom a été modifié

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