«L’imprudence n’est pas une faute légale», selon Gilles Le Gendre


En ces «jours sombres», Gilles Le Gendre dit avoir vu poindre la «lumière». Après le retrait de la campagne municipale parisienne de Benjamin Griveaux, victime d’une diffusion sur le web d’images privées intimes, le président des députés La République en marche (LREM) «salue» la réaction de la classe politique. Laquelle n’a «en aucun cas voulu exploiter l’événement à des fins politiciennes» face à la chute du candidat «marcheur» à Paris, s’est-il félicité, dimanche, sur le plateau du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI».

Stupéfait devant la «monstruosité» de cette affaire, le député de Paris met en garde contre deux menaces. D’abord, l’avènement d’une société qui n’exigerait «aucune ombre» dans la vie des responsables politiques, élargissant l’exigence d’«exemplarité» à la sphère privée. Ensuite, l’expression d’une forme de «goguenardise» devant cette diffusion d’images à caractère sexuel. «C’est un poison. La seule réponse, c’est la défense des principes»: «la séparation entre la sphère publique et la sphère privée», juge-t-il. Refusant de s’étendre sur l’opportunité de la captation des images par Benjamin Griveaux: l’«imprudence n’est pas une faute légale».

«Faute grave» du député qui a relayé le site pornographique

Gilles Le Gendre préfère blâmer les «manipulateurs» qui «ont volé» le «droit» et l’«honneur» du candidat. Pour autant, estime-t-il, «ce n’est pas à nous de décider» d’un renvoi dans son pays de l’artiste russe qui a revendiqué la mise en ligne des images: Piotr Pavlenski, un réfugié politique placé en garde à vue samedi pour des violences commises le soir du 31 décembre, puis dimanche dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Griveaux.

Vendredi, le député LREM Bruno Questel avait appelé à le «mettre dans un avion direction la Russie», sur le plateau de LCP-Assemblée nationale. «Que la justice fasse son travail», tempère Gilles Le Gendre. Tout en pointant la «faute grave» du député (ex-LREM) Joachim Son-Forget, premier et seul parlementaire à avoir relayé sur Twitter, jeudi, le lien vers le site pornographique.

«Mettre fin à nos divisions»

En pleines tractations entre les dirigeants de LREM, contraint de se trouver un nouveau candidat à un mois des élections municipales, le responsable macroniste promet que le nom d’un remplaçant sera«très vite» trouvé. Selon lui, «les Parisiens ne veulent pas du match Hidalgo-Dati», entre la maire socialiste sortante – «son bilan est rejeté» – et la cheffe de file des Républicains – «elle est dans une aventure strictement personnelle».

«Sommes-nous capables d’empêcher ce duel? La réponse est oui, à une condition: que nous mettions fin à nos divisions», soutient Gilles Le Gendre. Allusion à la candidature maintenue du député Cédric Villani, exclu du parti LREM pour dissidence mais pas du groupe parlementaire. Un rapprochement serait-il envisageable? «Rien n’est exclu à ce moment», explique le patron des députés «marcheurs». Dans une ville où un électeur sur trois (32,92%) a voté pour la liste de la majorité aux européennes de mai dernier, l’élu ose encore envisager une victoire, «si nous nous y prenons bien».

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