l’infernal huis clos à bord du Diamond Princess


RÉCIT – Sur le bateau, les passagers confinés apprennent parfois par les médias, captés au gré d’une connexion internet capricieuse, les dernières évolutions de la situation de leur asile flottant, avant confirmation du commandant de bord.

Par Régis Arnaud

Depuis qu’un des anciens passagers du bateau, débarqué à Hongkong, a été diagnostiqué atteint du coronavirus, tous vivent sur la même galère, qui mouille dans la rade de Yokohama, au Japon.
Depuis qu’un des anciens passagers du bateau, débarqué à Hongkong, a été diagnostiqué atteint du coronavirus, tous vivent sur la même galère, qui mouille dans la rade de Yokohama, au Japon. KIM KYUNG-HOON/REUTERS

À Tokyo

«Je peux prendre votre photographie?» La scène se passe dimanche dernier à bord du Diamond Princess. Un passager chinois de ce paquebot de croisière a engagé un début de conversation avec le serveur italien qui lui apporte ses plateaux-repas depuis sa mise en quarantaine. Par mesure de sécurité, les deux personnes n’ont pas le droit de se toucher ni même de s’approcher l’un de l’autre. D’ordinaire, le serveur laisse le plateau-repas devant la chambre et s’éloigne prestement pour laisser le client s’en emparer. Mais cette fois leurs regards se sont croisés, et le second souhaite prendre un cliché souvenir du premier. Le serveur accepte ; mais pour le saisir le passager prend soin de se tenir derrière le seuil de sa cabine. L’infranchissable seuil. «Ça m’a fait quelque chose», a raconté le serveur sur le blog italien Barcielonda.

Ces petits gestes d’humanité, coups de canif dans le protocole strict destiné à faire cohabiter les 3711 âmes bloquées à bord du Diamond Princess depuis le

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 81% à découvrir.

Abonnez-vous : 1€ pendant 2 mois

annulable à tout moment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*