l’ordre des avocats de Paris ouvre une enquête déontologique sur Juan Branco


L’enquête portera sur l’existence d’un éventuel conflit d’intérêt entre l’avocat et pamphlétaire Juan Branco et l’artiste russe Piotr Pavlenski.

Le bâtonnier de Paris, maître Olivier Cousi, a annoncé lundi 17 février l’ouverture d’une enquête déontologique visant l’avocat et pamphlétaire Juan Branco visant à «savoir s’il est à même, compte tenu des éléments du dossier non connus à ce jour, de […] représenter» l’activiste russe Piotr Pavlenski, qui revendique la diffusion des vidéos à caractère sexuel ayant contraint Benjamin Griveaux à renoncer vendredi à sa candidature à la mairie de Paris. L’ancien porte-parole du gouvernement a porté plainte contre X samedi après-midi et une enquête a été ouverte.

C’est cependant dans le cadre d’une autre enquête que Piotr Pavlenski a été placé en garde à vue le même jour. L’artiste russe de 35 ans connu pour ses performances violentes et automutilatrices est soupçonné d’avoir blessé deux personnes à coups de couteau au cours d’une altercation le soir du 31 décembre dans l’appartement parisien de la compagne de Juan Branco. Un possible conflit d’intérêt, qu’il appartient désormais à l’ordre des avocats de Paris de trancher.

Juan Branco s’était indigné dimanche de ne pas pouvoir être désigné comme avocat de Piotr Pavlenski dans la procédure portant sur la diffusion des vidéos, mettant en cause le parquet de Paris. «Le parquet s’est opposé à ma désignation, ce qui est extrêmement rare et qui n’intervient en général que quand vous êtes mis en cause dans une affaire ou que votre participation à cette affaire pourrait nuire aux intérêts du mis en cause», a-t-il déclaré lundi matin au micro de RMC, après avoir dénoncé la veille «une atteinte aux droits de la défense inédite, gravissime».

Ce recours est pourtant conforme au code de procédure pénale, qui prévoit dans son article 63-3-1 qu’«en cas de divergence d’appréciation entre l’avocat et l’officier de police judiciaire ou le procureur de la République sur l’existence d’un conflit d’intérêts, l’officier de police judiciaire ou le procureur de la République saisit le bâtonnier qui peut désigner un autre défenseur». Le parquet n’a ainsi aucunement la compétence d’interdire à un avocat de représenter son client.

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