Coronavirus : La mise en garde d’une experte qui redoute une «catastrophe» sur le Tour – Tour de France


Interrogée par Cyclingnews, une scientifique, conseillère du gouvernement écossais pour lutter contre la pandémie de Covid-19 s’inquiète de la tenue du Tour de France en septembre.

Autour des nouvelles dates du Tour de France (29 août-20 septembre) se construit, étape par étape, le calendrier de la saison cycliste, pendant que circulent les questions sur l’évolution de la situation sanitaire liée au Covid-19 et de ses conséquences sur les scénarios élaborés. Romain Bardet, leader de l’équipe AG2R-La Mondiale le rappelait, ce jeudi lors d’une visioconférence : «Christian Prudhomme (directeur du Tour de France) a été clair, ce n’est pas une certitude mais il prévoit de faire à ces dates-là si la pandémie arrive à être contenue.» 

Dans un entretien accordé à Cyclingnews, Devi Sridhar professeure à l’université d’Edimbourg, conseillère du gouvernement écossais, éminente experte des stratégies de test pour lutter contre la pandémie de Covid-19 alerte sur les dangers que ferait courir l’organisation du Tour de France (du 29 août au 20 septembre) et les risques d’une nouvelle épidémie : «C’est une décision douloureuse mais ils n’ont pas le choix. La décision sage est d’annuler cette année. [Les organisateurs du Tour] doivent peser les risques par rapport aux avantages. Des milliers de personnes du monde entier, rassemblées, se déplaçant, de ville en ville, c’est là qu’un virus pourrait prospérer, ce pourrait être la catastrophe assurée. Il y a certainement un risque que le Tour de France déplace et propage sans le savoir le virus ce qui pourrait déclencher un nouveau confinement.» Et d’ajouter : «C’est un problème à long terme, un problème chronique. Ce virus est là pour rester et reviendra. Même si la France a la maîtrise en août, le problème sera les gens qui viendront de différents pays. Cela pourrait déclencher un nouveau groupe d’infections.» Et de suggérer que les personnes travaillant sur le Tour soient soumises à «une quarantaine de deux à trois semaines avant leur entrée dans le pays», avant de conclure pour Cyclingnews : «Ce ne sera pas comme le Tour des années précédentes. Il serait plus logique d’annuler. Cela semble plus réaliste.»

Dans une interview au Guardian, Dave Brailsford, le manager de l’omnipotente Ineos a souligné qu’il pourrait, comme sur Paris-Nice ne pas aligner l’équipe du tenant du titre Egan Bernal, si la situation sanitaire l’imposait : «Nous nous réservons le droit de retirer l’équipe si nous le jugeons nécessaire.» Avant de préciser : «Comme la course est annoncée, nous prévoyons de participer, mais nous surveillerons également l’évolution des choses, comme nous l’avons fait avant Paris-Nice. Il s’agit d’une approche sensée, responsable et raisonnée (…) Il y aura beaucoup de débats après le confinement sur les aspects positifs et négatifs sur tous les aspects de société, y compris les événements sportifs. Nous surveillerons la situation très attentivement et prendrons bien sûr note des orientations nationales et de tous les conseils.»

Depuis 2010, date de son entrée dans le peloton professionnel, l’équipe britannique (Sky, puis Ineos) est au cœur de tous les étés cyclistes. La formation qui s’était donné 5 ans pour remporter le Tour avec un Britannique a d’abord fait rire avant de faire beaucoup plus vite. Et surtout beaucoup pus fort. Elle a ainsi remporté 7 des 8 dernières éditions de la Grande Boucle (4 pour Christopher Froome, 1 pour Bradley Wiggins, 1 pour Geraint Thomas et 1 pour Egan Bernal), seule l’année 2014 (Vincenzo Nibali) manquant dans l’armoire à trophées. En août, elle pourrait aligner 3 candidats à la victoire sur les Champs-Elysées, 3 anciens vainqueurs : Christopher Froome, Geraint Thomas et Egan Bernal…



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