“Le bonheur, le vrai, on le vit depuis début mars” : ces Bourguignons et ces Francs-Comtois qui adorent le confinement

Ils vivent pour la plupart à la campagne, dans une maison avec jardin, et avec leurs enfants.

Beaucoup de Français se réjouissent de pouvoir profiter des leurs et de devoir rester chez eux. Finalement, ils profitent pleinement de cette période de confinement liée à l’épidémie de covid 19/coronavirus.

Une vie fantasmée

“Je dois avouer que j’apprécie pleinement cette parenthèse, nous raconte par exemple Caroline, qui vit dans l’agglomération de Besançon. J’ai la chance de vivre dans un environnement calme, au sein d’un foyer aimant, alors quitter le rythme effréné que nous imposent le travail et l’école des enfants, c’est une chance pour moi”.

“C’est une vie fantasmée, une sorte de parenthèse ou bizarrement je me sens libre, pleinement conscient que je fais partie des privilégiés car je suis entouré d’une famille, que je peux sortir facilement et que je suis en chômage partiel”, abonde Philippe, qui vit lui à Scey-en-Varais, une petite commune sur les bords de la Loue (Doubs).

Ce trentenaire partage sa vie avec sa compagne, une adolescente et un garçon de 5 ans, en garde alternée. Et les activités ne manquent pas : “On a construit un terrain de pétanque, on s’attaque au jardin, on a rangé toute la maison, on fait du bricolage, pas mal de loisirs créatifs, détaille-t-il. On essaye d’avoir un rythme où les besoins et envies de chacun sont respectés: sport, console, tv, loisir extérieur, bronzage… Comme en colo, on a instauré quelques règles de vie en collectivité afin de faciliter le vivre ensemble.”

On prend le temps de vivre

Avoir un planning bien établi, c’est aussi le secret d’Aurore. Cette mère de famille nivernaise vit dans une maison à la campagne”, à Gimouille, au confluent de la Loire et de l’Allier, avec son mari et ses trois enfants de 10, 13 et 15 ans.

Voici le programme familial: “Les journées passent relativement assez vite pour nous. Nous gardons un rythme la semaine, le matin on se lève à 8h30, les enfants commencent leurs devoirs à 9h30 jusqu’à 11h30. Ensuite, nous attaquons notre sport de 45mn via facebook ou YouTube en live ou replay. Nous n’avons pas vu la matinée passer. Ensuite nous déjeunons vers 13h30/14h, et ensuite nous essayons de faire des jeux de société, trampoline, pétanque, jeux de carte… et nous avons la chance d’avoir un temps magnifique avec des températures allant jusqu’à 25 degrés, ce qui nous permet de nous baigner (piscine chauffée)”.
 

Activité sport dans la famille d'Aurore / © DR
Activité sport dans la famille d’Aurore / © DR

“On apprécie le confinement, on prend le temps de vivre, poursuit Aurore. J’en ai profité pour faire le nettoyage à fond dans la salle de bain, cuisine, salle à manger… Ensuite, l’extérieur, nettoyage des terrasses, tondre la pelouse… On trouve toujours des occupations. Et surtout, je prends le temps de cuisiner, chose que je ne fais pas en tant normal.”

Je me sens moins polluée par les publicités, les magasins, l’envie de consommer

Passer plus de temps en famille, c’est également ce qu’apprécie Emilie, qui a deux filles de 4 et 8 ans: “Nous vivons ce confinement comme une vraie opportunité de profiter de nous 4, de retrouver le temps après lequel on court sans arrêt. D’ailleurs, on se demande après quoi nous courrions vraiment, car le bonheur, le vrai, on le vit depuis début mars!”

“J’apprécie paradoxalement la “restriction” de libertés, dans le sens où je me sens moins dispersée, moins polluée par les publicités, les magasins, l’envie de consommer, poursuit Caroline. Je vois plus mon mari, nous sommes plus disponibles pour notre famille. On a le temps de s’ennuyer, de retrouver ce qu’on aime vraiment faire, de faire des siestes.”

S’ennuyer, ce n’est pas le genre de Sophie, à Frasne, qui avec son mari et ses deux enfants partage sa bonne humeur sur les réseaux sociaux: “Nous sommes heureux et nous partageons [ces vidéos] pour donner le sourire aux gens. Chaque jour, nous disons merci parce que nous avons de la chance d’être confinés dans une maison avec du terrain et aussi qu’il fasse beau comme ça.”
 

Le confinement agit comme un révélateur pour beaucoup. Avec des prises de conscience positives, à l’image de Stella: “Je suis heureuse, j’ai de la chance d’avoir une vie de famille épanouissante. Cette situation bien que pesante a aussi du bon. J’ai pu me rendre vraiment compte que je ne voyais pas assez mes enfants, que j’étais fatiguée et que je n’étais pas une machine à travailler.”

Ne plus faire la bise ou serrer la main est un bonheur

“Sur ma vie professionnelle, j’ai au moins appris une chose : que je ne prendrais plus la tête et que mon boulot n’est absolument plus une priorité !”, réagit de son côté Laurence.

Emmanuelle reconnaît elle aussi qu’elle “apprécie de ne pas aller travailler”: “Je fais ce que j’ai envie, lecture, couture, cuisine”.

“Oui nous nous sommes heureux d’être confinés, abonde Magdaléna. Nous prenons le temps de vivre, pas de surconsommation, nous pouvons faire tout ce que nous avons laissé de côté. Et de ne plus faire la bise ou serrer la main est un bonheur.”

Ces quatre semaines sont passées à une vitesse folle

N’allez pas croire que vivre dans une maison à la campagne est une condition indispensable à un confinement heureux. Céline, “maman solo de 37 ans”, habite un appartement à Besançon avec son fils de deux ans et demi: “J’aime mon travail et il me manque bien sûr, mais quand même: j adore être chez moi!”

Elle poursuit: “Ces 4 semaines sont passées à une vitesse folle et j’ai encore un milliard de choses a faire! alors si nous sommes prolongés, moi, je dis “oui”! Ca ne me dérange pas du tout ! Cette situation, aussi dramatique qu’elle soit, me permet de me retrouver. Pour moi, ce n’est que du bonheur… en tout cas pour le moment !”

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