Avec les fous de vélo au Bois de Vincennes, petits tours et grandes courses

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Au coeur du Bois de Vincennes, les cyclistes amateurs du sud-est parisien s’entraînent sur un triangle de bitume de 3,1 kilomètres. Relais, attaques et échappées s’enchaînent pour gagner cette course pour la gloire, sans maillot jaune.

« Hop ! Hop ! Hop ! » Ça hurle dans le virage serré qui marque l’entrée du circuit. Une vingtaine de cyclistes déboule en trombe au pied de la Pyramide du Bois de Vincennes, en bordure de Paris, dans le Val-de-Marne. Ils dépassent un autre groupe, et gare à ceux qui ne tiennent pas leur droite. Pas question de ralentir.

Capture-Polygone-Vincenees

C’est ici que les cyclistes amateurs les plus costauds du sud-est parisien se donnent rendez-vous chaque mardi et jeudi, sur ce circuit construit en 1973 et rénové à l’été 2019, au sud du parc floral de Paris. Le temps d’une soirée, ce triangle infernal de 3,1 kilomètres sans voiture devient un « hot spot » de la petite reine. Une ligne droite en très légère montée d’abord. Puis une tête d’épingle qui débouche sur un faux plat descendant de 1,3 kilomètres. Un deuxième virage serré, et c’est la dernière ligne droite. Tout droit sur 500 mètres, et c’est déjà la fin. Ou plutôt le début du prochain tour.

Simuler une course

Ce mardi soir-là vers 17h30, Pascal Larnicol, mains verrouillées en bas du guidon, roule en tête du « fast pack », le groupe le plus rapide du circuit, sur son vélo aérodynamique tout carbone. Il maintient deux roues d’avance sur le reste du petit peloton, qui s’étire en file indienne face à l’obélisque de Vincennes comme les coureurs du Tour de France devant la Concorde.

« On vient pour rouler en sécurité, se retrouver entre potes et se tirer la bourreParfois, on simule une petite course. On essaie de partir en échappée. Quand on arrive à résister au peloton, c’est une victoire. »

Pascal Larnicol

« Si on peut faire mal aux jambes des collègues, c’est mieux », sourit-il, un pied encore calé sur une pédale. À 53 ans, ce fou de vélo fait plus de 20 000 kilomètres chaque année, dont la moitié au Polygone où il vient depuis plus de 15 ans. « On vient pour rouler en sécurité, se retrouver entre potes et se tirer la bourre, explique ce père de famille qui travaille à la direction des routes d’Île de France. Parfois, on simule une petite course. On essaie de partir en échappée. Quand on arrive à  résister au peloton, c’est une victoire. » Ce soir-là, un coureur reste caché un bon moment dans les roues avant de placer une attaque tranchante. Comme un leader.

Des records à battre

Tout le monde se connaît dans le peloton du Bois de Vincennes. Les heures de selle créent des liens. Et puis il y a Strava, le réseau social des sportifs. Pascal et les autres y enregistrent leurs sorties, les comparent avec celles de leurs compagnons de route et postent des commentaires. Le site tient des classements sur certains « segments » – des sections spécifiques d’une route ou d’un chemin. Sur le segment du Polygone de Vincennes, Pascal Larnicol est une star. Il détient le record du 40 kilomètres réalisé en 49 minutes et 1 seconde, et du 50 kilomètres, en 1 heure, 4 minutes et 28 secondes. « Ce sont des records collectifs, car nous roulons en groupe. Après, il y en a forcément un qui finit avant les autres, explique Pascal. Ça permet de repousser ses limites, car on trouve toujours plus fort que soi »

 «Ça tartine bien ! On vient chercher ça aussi ! »

Fabrice, postier, 48 ans

Fabrice, postier de 48 ans, attend bord de la route de voir passer le groupe des plus rapides pour le rejoindre. «Ça tartine bien ! On vient chercher ça aussi ! », lâche-t-il la marque des lunettes imprimée en haut du nez et le visage en sueur. Un peloton arrive. Il s’apprête à les rejoindre, mais se ravise. « Ceux-là, ils roulent tranquille ». Selon lui, il y avait plus de monde sur le circuit il y a quelques années. On lui préfère aujourd’hui le circuit de Longchamp qui fait le tour de l’hippodrome, dans le bois de Boulogne, de l’autre côté de Paris. Les champions Romain Bardet et Alberto Contador y ont même fait quelques tours. À Vincennes, les habitués jugent la piste plus régulière et moins dangereuse.

Un circuit pas pour tout le monde

Cette fois, c’est la bonne pour Fabrice : le « fast pack » apparaît au loin. Le temps d’un instant, le bourdonnement des voitures qui passent est couvert par les cliquetis de crécelle des chaînes de vélo et les craquements des dérailleurs. Une rafale de couleur suivie du souffle tiède de leur aspiration. Le virage est avalé sans encombre, Fabrice disparaît avec eux vers la ligne droite suivante.

Capture-Pascal-Larnicol

« Ce n’est pas pour les débutants ici », regrette Gaëlle Dubois Deletang, 53 ans, qui reprend son souffle appuyée à son vélo. Elle enlève ses écouteurs d’un mouvement qui fait saillir les muscles secs de son épaule. Elle vient tous les jours, mais pas pour la course. « On se fait crier dessus quand on ne connaît pas les codes », raconte-t-elle. Toujours laisser passer ceux qui roulent plus vite par exemple, ou faire un geste de la main pour signaler un danger.

» LIRE AUSSI – Tour de France 2020 : classement général 2020

À peine quatre minutes depuis le dernier passage de la tête de course. Déjà, le petit peloton se rue sur les taches de lumières orangées dessinées par les feuilles des arbres sur le goudron.

Sur le Tour, le pro Sam Bennett a remporté l’étape de plaine du 8 septembre à une allure moyenne de 47 kilomètre à l’heure. Ce soir-là, le compteur de Pascal affiche une moyenne de 44,5 km/h. Il quitte le Polygone à 19h15, satisfait. Dans quelques jours, il part pour une semaine de vacances dans les Alpes avec des amis. Au programme : bières, barbecues… et vélo. Il verra même passer les coureurs du Tour de France.

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