Exeter-Racing : les coups de cœur et coup de griffe de notre envoyé spécial – Coupes d’Europe


Après la victoire des Anglais sur les Franciliens en finale de la Champions Cup, découvrez ce qui a retenu l’attention de notre envoyé spécial à Bristol.

Envoyé spécial à Bristol,

COUPS DE CŒUR

Exeter parmi les grands d’Europe
Club historique du championnat anglais, Exeter n’a cependant accédé à la première division qu’il y a dix ans. Après avoir remporté la Premiership en 2017, le club du Devon a inscrit une nouvelle ligne à son palmarès en devenant samedi le sixième club anglais à remporter la Coupe d’Europe, après les Saracens (2016, 2017, 2019), Leicester (2001, 2002), les Wasps (2004, 2007), Northampton (2000) et Bath (1998). L’aboutissement d’une progression linéaire et maîtrisée, Exeter étant l’une des rares – si ce n’est la seule – équipes anglaises à avoir un budget à l’équilibre. L’exact opposé des Saracens, quelque part. Pour en arriver là, les Chiefs ont développé un rugby redoutable, solide devant et inspiré derrière. Capables d’enchaîner les temps de jeu, de balayer le terrain mais, aussi, d’imposer d’énormes séquences avec ses avants. En demi-finale, Toulouse avait encaissé trois essais par les «gros» d’Exeter. Le Racing, pourtant prévenu, en a encaissé aussi trois, soit sur des ballons portés, soit sur des enchaînements de «pick and go». Basique, certes, mais également spectaculaire dans son exécution et son dynamisme. 

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Un festival d’essais à Bristol
Jamais en 25 ans de Coupe d’Europe, il n’y avait eu autant d’essais inscrits lors d’une finale. Samedi, à l’Ashton Gate Stadium, Exeter et le Racing ont livré une partie haut de gamme, ponctuée de huit essais ! Entre les superbes essais des avants anglais et les brillantes inspirations des trois-quarts franciliens. Un festival. Jusque-là, le record à ce stade de la compétition était de six essais. Il datait des deux sacres du Leinster en 2011 contre Northampton (33-22) et 2012 contre l’Ulster (42-14). A noter qu’Exeter et le Racing ont inscrit quatre chacun. Le Leinster avait réussi le tour de force d’en inscrire cinq en 2012 face à la franchise de Belfast.

Zebo, toujours aussi décisif
L’arrière irlandais du Racing 92 a inscrit samedi un doublé face aux Chiefs. Une performance de premier plan pour le joueur irlando-martiniquais. Il s’agissait en effet de ses 30e et 31e essais en 60 rencontres de champions Cup. Le recordman d’essais inscrits avec la franchise du Munster est le quatrième marqueur de l’histoire de la Coupe d’Europe, derrière l’Anglais Chris Ashton (40), le Français Vincent Clerc (36) et la légende irlandaise Brian O’Driscoll (33). Avec l’arrivée au Racing de l’Australien Kurtley Beale, Zebo a brillamment démontré qu’il est bien plus qu’une doublure de luxe. Le Wallaby, entrée en deuxième période contre Exeter, va avoir de la concurrence au poste d’arrière. 

Quand les remplaçants deviennent les supporters
La finale de la Coupe d’Europe se déroulait à huis clos. Pas de public et donc pas d’ambiance ? Pas forcément. Samedi à Bristol, l’ambiance a été assurée par les remplaçants des deux équipes, en tribunes, qui ont donné de la voix pour soutenir leurs coéquipiers. Du côté du Racing, les joueurs qui n’étaient pas dans le groupe avaient carrément amené des cornes de brume pour faire un maximum de bruit. Ainsi, François Trinh-Duc et Teddy Thomas, qui n’étaient pas sur la feuille de match, sont devenus les premiers supporters du Racing. Faisant, tant bien que mal, un peu de bruit dans une enceinte totalement vide.

COUPS DE GRIFFE

Iribaren, Machenaud et Russell passent à côté
La charnière du Racing a vécu un vrai cauchemar à Bristol. Le demi de mêlée Teddy Iribaren, touché aux adducteurs la veille du match, avait pourtant été aligné d’entrée contre les Chiefs. Et il a été d’entrée en très grande difficulté. Mauvais choix, ballons perdus, celui qui s’est imposé comme le numéro 1 dans la hiérarchie des numéros 9 est complètement passé à côté de son match. Son manager Laurent Travers a expliqué qu’il a songé à le remplacer dès la 25e minute mais cela aurait cassé la dynamique du Racing qui allait mieux et revenait dans le match. Il a néanmoins cédé sa place au retour des vestiaires à Maxime Machenaud, qui ne s’est guère mis en évidence non plus. A sa décharge, deux surnombres mal négociés qui auraient pu conduire à des essais. Pour ne rien arranger, l’ouvreur Finn Russell, si brillant mais si imprévisible, a lui aussi été à la peine. Plusieurs de ses (mauvais) choix ont conduit à des essais anglais. Et pourquoi ne pas tenter le drop de la victoire en fin de match ? Laurent Travers n’a – logiquement – voulu – incriminer personne : «Quand l’équipe gagne, c’est l’équipe. Quand l’équipe perd, c’est l’équipe. Ce qui a fait notre force, c’est notre équipe et ce qui fera notre force, ce sera notre équipe.»

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Les dix dernières minutes étranges de Nigel Owens
Evidemment, on ne tape pas sur l’arbitre. Ça c’est entendu. Enfin dans le rugby. Néanmoins, la fin de match gérée par l’arbitre Nigel Owens a fait naître de nombreuses interrogations. Ses décisions ont, lors des dix dernières minutes, été difficiles à comprendre. En tribune de presse, nos confrères de beIN Sport, Rodolphe Pires et Julien Candelon, étaient pour le moins dubitatifs… Les mauvais esprits disent que c’est une classique de l’arbitre gallois : en fin de match, il a choisi son vainqueur et tous ses coups de sifflet vont dans le même sens. On n’en dira pas autant, mais, samedi, difficile de comprendre certains de ses choix systématiquement contre le Racing. 

L’infini tristesse d’un huis clos
Le Racing aura tout connu. Un sacre en Top 14 à Barcelone devant 98.000 personnes et une finale de Coupe d’Europe devant… personne. Si ce n’est quelques journalistes. Une drôle (enfin pas vraiment) d’ambiance. Personne autour du stade, ni dans les tribunes. D’habitude, les finales de Coupe d’Europe sont toujours une fête que les supporters de tous les clubs ne veulent pas manquer. Que leur équipe y soit ou pas, ils réservent leur billet, pour une fête du rugby le temps d’un week-end à l’étranger. On y voit, tous les ans, les maillots de pleine d’équipes différentes. Là, personne. Au moins, les supporters du Racing n’auront pas vécu sur place cette cruelle défaite…

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