l’or à portée de mains (et de ski, patins…)


FOCUS – Forte de 88 membres, dont deux remplaçants, l’équipe de France ne manquera pas d’atouts pour monter sur les podiums à Pékin. Zoom sur dix de ses représentant(e)s parmi les plus ambitieux.

• Kevin Rolland, la résilience du champion

Kevin Rolland donnera tout pour réaliser son rêve de devenir un jour champion olympique. Médaillé de bronze en ski half-pipe à Sotchi en 2014, il avait ensuite vécu un cauchemar à Pyeongchang, avec un corps perclus de blessures en raison de diverses chutes. Néanmoins, il n’avait pas abandonné, se qualifiant pour une finale lors de laquelle il n’avait pas pu défendre ses chances (11e). Le 30 avril 2019, sa passion manquait même de lui ôter la vie lors d’une violente chute alors qu’il tentait de battre un record du monde avec un saut à plus de 11 mètres de haut. Fracture du bassin, diverses hémorragies, le Plagnard aurait pu en rester là. Mais l’amour des anneaux olympiques continuait d’irriguer ses veines et, à 32 ans, il a surmonté ses douleurs pour être présent à Pékin. Pour être le porte-drapeau de l’équipe française et décrocher cet or qu’il convoite et mérite, lui la légende du freestyle.

• Cizeron/Papadakis, pour oublier Pyeongchang

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron le 18 décembre 2021 à Cergy-Pontoise. HERVIO JEAN-MARIE/KMSP via AFP

Il y a quatre ans, l’or paraissait promis au couple de danseurs Gabriella Papadakis-Guillaume Cizeron. Et puis un problème de costume pour la jeune femme vint tout chambouler. Deuxièmes après le programme court, ils établirent un nouveau record du monde lors du libre mais cela ne leur suffisait pas pour devancer les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir. Un véritable crève-cœur qu’ils ont pris le temps de digérer en décrochant d’abord une 4couronne mondiale en 2019, avant de ronger leurs patins lors de la pandémie. Pour revenir plus fort à Pékin et décrocher le seul titre qui manque encore à leur formidable palmarès?

• Chloé Trespeuch, pour une revanche

Le malheur des unes fait le bonheur… À Pyeongchang, en chutant en fin de parcours lors de la finale du snowboardcross, Chloé Trespeuch avait vu ses espoirs de titre s’envoler, laissant sa jeune et inattendue compatriote Julia Pereira de Sousa Mabileau décrocher l’argent. Un échec douloureux pour celle qui avait décroché le bronze à Sotchi. À 27 ans, la Savoyarde fait preuve d’une magnifique régularité et arrive à Pékin sur une série de trois 2es places d’affilée en Coupe du monde. Mais c’est bien d’or dont elle rêve, et non d’argent.

• Quentin Fillon Maillet, l’heure de s’émanciper

Quentin Fillon Maillet le 20 janvier 2022 à Antholz-Anterselva (Italie). MARCO BERTORELLO/AFP

Pendant de nombreuses années, Quentin Fillon Maillet a appris à vivre à l’ombre des exploits de Martin Fourcade. Performant et régulier, il lui manquait cependant ce petit quelque chose pour rivaliser avec son prestigieux coéquipier du biathlon. Et quand celui-ci décida de prendre sa retraite après son quintuplé olympique à Pyeongchang, Fillon Maillet rencontra un autre obstacle en la personne de Johannes Thingnes Boe. Le Norvégien paraissait parti pour régner aussi longtemps que Fourcade sur le biathlon, et le Français de devoir se contenter de la 3place de la Coupe du monde, qu’il décrocha pendant trois ans, de 2019 à 2021. Jusqu’à cette saison où, enfin, à 29 ans, le déclic semble survenu. En tête du classement général, vainqueur à cinq reprises, il ne lui manque plus que ce titre olympique pour s’imposer aux yeux du grand public.

• Émilien Jacquelin, l’héritier de Fourcade

Si Fillon Maillet mène la danse au classement général de la Coupe du monde, il ne faut pas oublier qu’Émilien Jacquelin a endossé avant lui le dossard jaune de leader, avant de fléchir sur les deux étapes précédant les Jeux. Un contrecoup logique après un été et une préparation perturbée par une blessure au poignet gauche. Ce qui n’empêche pas le Grenoblois de 26 ans d’être un sérieux candidat à l’or olympique, surtout en poursuite.

• Tess Ledeux, des tours plein la tête

Tess Ledeux le 21 novembre 2020 à Neustift (Autriche). Patrick Steiner/Gepa/Panoramic

À tout juste 16 ans, Tess Ledeux était passée à côté des JO de Pyeongchang (15e en slopestyle). «J’ai grandi, j’ai mûri, c’était une étape primordiale pour la construction de ma carrière», résume la double championne du monde (slopestyle en 2017 et big air en 2019), ambitieuse pour Pékin. Un saut a suffi pour que la n° 1 mondiale en big air impressionne la concurrence: quatre tours et demi (4 × 360° plus 180°, soit 1 620°) en réception arrière pour remporter les X Games à Aspen, au Colorado, en janvier dernier. Mais la skieuse de La Plagne s’attend à une concurrence redoutable en Chine.

• Alexis Pinturault, un rendez-vous en or

Tête de gondole du ski alpin français, Alexis Pinturault (30 ans) évolue cet hiver à l’ombre de son ambition. «C’est pas terrible du tout. À chaque fois que j’arrive sur une nouvelle course, je change d’état d’esprit mais les résultats ne sont pas mieux pour autant et nourrissent cet enfer. Au bout d’un moment, il y a des doutes, et le doute, c’est l’ennemi du sportif», a-t-il marmonné à Schaldming au cœur d’un mois de janvier terne, sans victoire. Le skieur de Courchevel, distancé en Coupe du monde (9e), va reporter tous ses espoirs sur les JO. Son obsession, l’or (après l’argent du combiné en 2018, le bronze du Géant en 2014 et 2018). Un défi pour un skieur qui, ligoté, court après la confiance et la liberté, indispensables à la prise de risque. Quatre épreuves figurent à son programme (Super-G, combiné, Géant, slalom, sans compter l’épreuve par équipes).

• Tessa Worley, vaincre la malédiction olympique

Ambitieuse mais inexpérimentée en 2010 à Vancouver (16e), blessée et absente en 2014 à Sotchi, Tessa Worley (32 ans) avait souffert à Pyeongchang en 2018 (7e): «J’étais prête, attendue, mais cette attente m’a freinée, j’ai été spectatrice de ma course, alors que seuls les acteurs ressortent avec le sourire et les médailles. À Pékin, j’espère être actrice, aller prendre les risques qu’il faut pour jouer gros.» La double championne du monde de slalom géant (2013, 2017), victorieuse cet hiver en Coupe du monde, à Lienz (son 15e succès), veut vivre pleinement les JO et montrer l’exemple, elle qui a défilé en tant que porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture.

• Clément Noël, le virtuose des piquets

En 2018, Clément Noël avait débarqué à Pyeongchang escorté d’une réputation prometteuse et d’une médaille d’or aux championnats du monde juniors. Ski délié, engagé, Clément Noël s’était hissé à la hauteur des attentes (4e du slalom olympique, 4e de l’épreuve par équipes). À 24 ans, fort de 9 victoires en Coupe du monde (la dernière à Val d’Isère, en décembre), le Vosgien, devenu l’une des têtes d’affiche des Bleus, retrouve les JO. «En 2018, je n’étais pas venu en touriste mais pour découvrir. Je n’étais pas sous pression, pas stressé. Ce serait mentir que de dire qu’aujourd’hui quand j’arrive sur un grand événement j’ai la même insouciance qu’en 2018 où personne ne m’attendait.» Programmé le 16 février, le Vosgien portera avec Alexis Pinturault, les espoirs bleus en slalom. Une discipline qui avait couronné Jean-Claude Killy (en 1968 à Grenoble) et Jean-Pierre Vidal (en 2002 à Salt Lake City).

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