«On arrive à avoir une palette offensive complète», souligne Villière


De retour de blessure, l’ailier du RC Toulon évoque les bonnes performances actuelles des Bleus, qui restent sur leurs gardes avant de se déplacer vendredi au pays de Galles.

Propos recueillis à Marcoussis

Avez-vous bien récupéré de votre blessure au visage ?
Gabin Villière : Oui, si je suis de retour, c’est que ça va beaucoup mieux. J’ai fait ce qu’il fallait pour être de retour, pour guérir et pour revenir physiquement en forme.

Comment avez-vous vécu le match de vos coéquipiers en Écosse ?
J’étais tout seul parce que la plupart des mecs de Toulon étaient en déplacement. J’étais assez excité devant ma télé.

Se prépare-t-on spécialement pour un match qui se déroule à 21 heures ?
Non, pas spécialement. On a l’habitude. On a nos routines d’entraînement, de préparation et on les cale en fonction des matches. Il n’y aura pas de surprises. On sait qu’on sera dans le noir avant le match. On se prépare à tout ça. Pour qu’il n’y ait pas un trop-plein d’émotions avant le match. On est prévenu.

Vous avez gagné vos trois premiers matches. On commence à parler de Grand Chelem. Comment faites-vous pour garder la tête froide ?
Il n’y a pas un surplus d’excitation ou de confiance. On prend les matches un par un. Et surtout on reste concentrés sur chacune des confrontations. On sait qu’un très gros match nous attend au pays de Galles. Mais on y va pour gagner, il ne faut pas se mentir. Un gros combat à l’extérieur nous attend contre l’équipe qui est tenante du titre. Il faudra être confiants et concentrés.

Techniquement, la plupart des mecs sont précis. Il n’y a pas beaucoup de ballons tombés, ils arrivent au bon endroit

Gabin Villière

Pendant de longues années, l’équipe de France a manqué d’efficacité dans les zones de marque, ce n’est plus le cas. Comment l’expliquez-vous et comment ça se travaille ?
On le voit au niveau de la précision des passes et des courses. Nous, les ailiers, on essaie de se proposer un peu partout. Techniquement, la plupart des mecs sont précis. Il n’y a pas beaucoup de ballons tombés, ils arrivent au bon endroit. On met la pression à la main, au pied, on va chercher les espaces. On arrive à avoir une palette offensive complète. Cela nous permet de marquer sur différents aspects du jeu, que ce soit sur des mêlées, des lancements de jeu directs ou même sur des contres ou du jeu d’avants. On arrive à alterner tous ces mouvements offensifs.

Le XV de France est également ultra-efficace sur les ballons de récupération…
Il y a déjà le travail de l’ombre des avants, il y a aussi beaucoup d’accélérations quand on n’a pas le ballon, quand on défend sur les coups de pied adverses. Cela ne se voit pas forcément mais ces choses permettent à l’équipe d’être vite en place, vite prête à remettre de l’avancée. Ces petites choses permettent de prendre l’équipe adverse de vitesse et de trouver des espaces.

Comment se passe le travail avec Shaun Edwards, l’entraîneur de la défense ? Vous communiquez en français ou en anglais ?
Il fait un peu des deux. Il a beaucoup progressé en français, il communique de plus en plus dans notre langue. Cela simplifie les choses. Dans tous les cas, le vocabulaire qu’il utilise est plutôt simple, cela permet de facilement le comprendre.

Damian Penaud est rapide, physiquement c’est un cheval, comme on l’appelle. Il est costaud et il aime le chocolat

Gabin Villière

Vous a-t-il parlé du stade de Cardiff qu’il connaît particulièrement bien ?
Il ne nous a pas mis de pression supplémentaire. Mais lui le premier a envie de battre le pays de Galles.

Quels sont les points forts du pays de Galles que vous avez identifiés ?
Les ballons hauts. Ils ont un 10 et un 15 qui sont très forts sur les chandelles. Ils mettent du jeu de pression et sont ensuite à la retombée, cela leur permet d’avancer. C’est un secteur que l’on a travaillé pour être au point et pour pouvoir les contrer.

En votre absence, Damian Penaud a brillé. Quel regard portez-vous sur lui ?
C’est un mec qui est complet dans tout ce qu’il fait. Il est rapide, physiquement c’est un cheval, comme on l’appelle. Il est costaud et il aime le chocolat, il est capable de gagner ses duels et ses contacts. En défense, il coupe les lignes de passe. Cela peut nous soulager car cela oblige les équipes à revenir à l’intérieur du jeu.

Le XV de France marque très rapidement dans ses matches. Comment l’expliquez-vous ?
On voit qu’en club, il peut y avoir des trous d’air en début de match ou en début de deuxième mi-temps. Cela complique les matches et on voit qu’au haut niveau, on n’a pas le droit à ces temps morts, où on n’est pas dedans. On se met en tête que dès la première minute, c’est le combat et qu’on ne doit pas attendre dix minutes pour s’y mettre. Ces dix premières minutes peuvent nous coûter un match…

L’autre force de l’équipe de France est d’arriver à bien gérer ses moments faibles…
C’est vrai que le ressenti sur le terrain, c’est qu’il n’y a pas de panique, pas le feu à bord. Tout le monde reste dans son rôle, on a aussi des bulles pour se calmer, pour garder la tête froide et surtout basculer sur l’action suivante. Le but, ce n’est pas de s’arrêter sur une action, une faute individuelle ou collective, c’est de basculer sur la suite et d’aller chercher du positif. En ressassant ce genre de choses pendant le match, cela pourrait nous faire dévier de nos objectifs.

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