À quatre mois des Midterms, le sport américain se prépare au retour politique de Donald Trump


DÉCRYPTAGE – Discret dans les médias depuis sa défaite contre Joe Biden en 2020, Donald Trump projette un retour en politique. Le sport américain craint d’être encore une fois chamboulé par le Parti républicain.

Les élections de mi-mandat (midterms) auront lieu le 8 novembre prochain, durant lesquelles les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat seront disputés, ainsi que plusieurs postes de gouverneurs à l’échelle locale.

L’occasion pour l’ancien président des États-Unis, Donald Trump d’organiser de nombreux meetings aux quatre coins du pays, afin de préparer son retour politique. En ligne de mire un second mandat à la Maison-Blanche en 2024.

Personnalité fortement médiatisée dans le milieu du sport depuis plusieurs années, Donald Trump compte bien réutiliser son aura auprès de certains athlètes, propriétaires ou ligues américaines pour gagner du terrain.

Son mandat marqué par le sport politique

En quatre ans, Donald Trump a très souvent été lié à l’actualité sportive, de près ou de loin. Les quatre ligues majeures ont été concernées par de nombreux épisodes politiques.

Portée par LeBron James, fervent opposant au président républicain, la NBA a été l’une des ligues les plus marquées par le mandat trumpiste. Les champions ont par exemple toujours refusé de se rendre à la Maison-Blanche après leurs finales remportées comme le veut la tradition.

Le mouvement Black Lives Matter a poussé de nombreux joueurs à manifester contre les violences policières et par extension, contre la politique menée par Trump. Durant les Playoffs 2020, l’équipe des Milwaukee Bucks a même appelé à la grève après le meurtre de Jacob Blake, jeune Afro-Américain de 29 ans décédé de sept balles dans le dos par un policier de Kenosha.

En NFL, le large épisode de Colin Kaepernick, ancien quarterback des 49ers qui s’est agenouillé pendant l’hymne national, a plus que jamais pris possession des premiers mois de Donald Trump à la tête du pays : «Nous sommes fiers de notre pays, nous respectons notre drapeau… N’aimeriez-vous pas que quand un joueur manque de respect à notre drapeau, ces présidents d’équipe de NFL disent ‘Dégagez moi ce fils de pute du terrain! Il est viré’ ?», avait alors réagi le nouveau président américain.

Dans une interview pour Fox News, Donald Trump avait également attaqué les propriétaires des franchises de NFL en affirmant : «J’ai beaucoup d’amis qui sont propriétaires. Si vous voulez la vérité, je pense qu’ils ont peur de leurs joueurs. Et je pense que c’est une honte. Il faut qu’ils soient durs et qu’ils soient intelligents. Regardez les audiences, elles sont nettement en baisse.»

Les scènes de la MLB et la NHL ont été plus discrètes durant le mandat de Donald Trump, même si le président républicain jouissait d’un fort capital sympathie auprès de baseballeurs (Johnny Damon, Clay Buchholz, Paul O’Neill, John Rocker etc.) et hockeyeurs (Jack Eichel, Seth Jones, Brent Burns, TJ Oshie, Erik Johnson, Ian Cole etc.)

Les athlètes et les ligues prudents

Depuis l’arrivée de Joe Biden à Washington, Donald Trump a réussi à se faire oublier de la vie médiatique mais de l’eau a coulé sous les ponts et les athlètes américains n’oublient pas ses quatre années à la Maison-Blanche qui ont secoué le monde du sport.

Considéré pendant très longtemps comme un soutien et ami de Trump, la légende de la NFL, Tom Brady a fait marche arrière récemment : «Je ne lui ai pas parlé depuis de nombreuses années. Notre relation a été très mal interprétée. Ma personnalité n’est jamais du genre à insulter qui que ce soit» avait alors confié le quarterback à Variety, qui portrait fièrement une casquette rouge «Make America Great Again» en 2015.

Longtemps considéré comme un allier de Trump, Tom Brady a fait marche arrière. Julio Aguilar / AFP

Présent lors du Game 4 des World Series entre les Atlanta Braves et les Houston Astros, en octobre dernier, Donald Trump s’est rappelé à ses mauvais souvenirs présidentiels en s’attirant la foudre de nombreux fans de baseball. Dans les tribunes avec sa femme Melania, il a repris le «Tomahawk Chop» – une célébration sportive jugée insultante envers le peuple amérindien.

Suite à cette polémique sportive, la MLB a rapidement repris l’affaire en mains en dédramatisant la présence de l’ex-président du pays : «Il a appelé la MLB et voulait venir au match. Nous avons été très surpris. Bien sûr nous avons dit oui», avait précisé la Ligue, tandis que le président des Braves Terry McGuirk avait souligné: «Nous sommes apolitiques. Nous sommes ouverts à tous ceux qui viennent aux matches. C’est formidable que Donald Trump veuille venir»

Alors que la footballeuse Megan Rapinoe a souvent attaqué le président Trump au sujet de ses déclarations sur les femmes et les droits LGBTQ+, Donald Trump a été critiqué pour ses propos tenus sur les athlètes trans à l’America First Agenda Summit à Washington DC, en début de semaine : «Nous ne devrions pas autoriser les hommes à pratiquer des sports féminins. C’est tellement irrespectueux envers les femmes», faisant référence à l’haltérophile trans néo-zélandais Laurel Hubbard et à la nageuse UPenn Lia Thomas.

Golf, équitation… Trump joue à domicile

Afin de mieux préparer son retour en politique, Donald Trump ne cesse d’enchaîner les apparitions dans plusieurs compétitions sportives, souvent réservées à la «haute société américaine» et organisées dans des États historiquement républicains.

Le 7 mai dernier, le 45e président américain a fait escale dans le Kentucky, acquis à la cause républicaine depuis plus de 20 ans, pour le Derby Day, course hippique faisant partie de la Triple Couronne américaine des sports équestres organisée sur l’hippodrome de Churchill Downs, à Louisville. Une manœuvre politique qui permet au Républicain de 76 ans de renforcer ses fidèles soutiens.

Golfeur à ses heures perdues et proche Tiger Woods qu’il a décoré, Donald Trump continue de se montrer présent dans le circuit, et a même pris position au sujet du LIV Golf Series, circuit dissident financé par un fonds saoudien, qui dérègle le circuit classique du PGA Tour : «Si vous ne voulez pas prendre l’argent maintenant, vous n’aurez rien quand la fusion aura lieu, à part vous dire à quel point les premiers signataires étaient intelligents», a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social le 18 juillet dernier.

Le Trump National Golf Club de Bedminster, dans le New Jersey (États-Unis) accueille une compétition du circuit dissident LIV, cette semaine, du 29 au 31 juillet, tandis qu’un autre tournoi doit se dérouler sur le terrain Trump National à Doral (Floride), du 27 au 30 octobre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*