enfin des éclaircies dans le ciel bleu


Olivier Giroud célèbre son 49e but sous les couleurs de l’équipe de France, jeudi, au stade de France. HERVIO JEAN-MARIE/KMSP via AFP

Après la victoire face à l’Autriche et avant de défier le Danemark, les Bleus savourent un moment d’accalmie.

«Il doit y avoir une remise en cause totale. Ce n’est pas notre statut qui va nous faire gagner les matchs. Il ne faut pas se voir trop beau. Je vais vivre un été studieux et une rentrée studieuse.» Le 13 juin dernier, dans les travées du Stade de France après une défaite contre la Croatie (0-1), synonyme de dernière place en Ligue des nations et ultime opus d’un mois de juin catastrophique (2 nuls et 2 défaites), Didier Deschamps n’avait pas caché sa colère. Pour une mise au point limpide. Trois mois plus tard, autre contexte et toute autre ambiance. Après la victoire sereine et aboutie jeudi devant l’Autriche (2-0), des sourires étaient perceptibles vendredi matin sur les visages fatigués des vainqueurs et un vent de légèreté flottait du côté d’Enghien-les-Bains où séjournaient les Bleus avant leur départ à Copenhague ce samedi dans la matinée. Retour sur une soirée riche en enseignements.

Les Bleus dans leur bulle, état d’esprit retrouvé

Réunis depuis lundi à Clairefontaine, les internationaux ont retrouvé un staff plus soudé que jamais malgré les nombreuses affaires extra-sportives qui pourrissent le football français. En substance, Didier Deschamps a demandé à ses troupes de faire abstraction du contexte pour ne se concentrer que sur une seule chose: le terrain. Message reçu. Si l’Autriche a dévoilé un niveau faiblard, la sélection de Ralf Rangnick, qui avait bougé les Bleus en juin (1-1 à Vienne), aurait pu repartir avec un écart plus conséquent du Stade de France.

Hargneux, agressifs, solidaires et pas dépourvus de talent, les partenaires de Raphaël Varane, promu capitaine en l’absence de Lloris, ont répondu aux attentes de leur patron. Qui ne s’est pas privé de les féliciter dans le vestiaire, heureux de voir un tout autre état d’esprit et le retour d’une certaine fraîcheur. «On ne voulait pas perdre, ni descendre en Ligue B, admet Kylian Mbappé, décisif et virevoltant à Saint-Denis. Quand on est la France, ne pas gagner pendant tout un rassemblement, ça pose un peu des problèmes, mais on n’a pas douté, on était sûrs de notre force.»

Le boulot n’est pas terminé. Dès vendredi matin, le staff a accueilli Steve Mandanda, de retour pour pallier le forfait de Mike Maignan, avant de recueillir les informations de Jean-Luc Vannuchi, œil de la sélection lors de Croatie-Danemark (2-1). Avec une bascule quasi immédiate sur le rendez-vous de dimanche soir (20 h 45, TF1), synonyme de dernier match avant le Qatar (20 novembre-18 décembre).

Des cadres au rendez-vous

Malgré des absents de marque (Lloris, Pogba, Kanté, Benzema), l’équipe de France a pu compter sur les belles prestations de certains cadres du côté de Saint-Denis. Derrière, Raphaël Varane a régné en maître et confirmé qu’avec ce niveau il n’avait pas d’équivalent en sélection. Au milieu, Aurélien Tchouaméni (21 ans, 13 sélections), l’homme qui valait 100 millions d’euros après son transfert au Real Madrid, laisse transparaître une assurance de haut vol, digne d’un vieux grognard.

Devant, le trio Griezmann-Giroud-Mbappé a donné entière satisfaction, avec une mention spéciale aux deux derniers nommés, buteurs et surtout auteurs d’un match accompli de bout en bout. Ces deux-là, épiés encore un peu plus en raison de l’absence de Benzema et d’une relation qui n’a pas toujours été radieuse, ont laissé entrevoir de belles choses. Sur et en dehors du terrain. Au point de voir le Parisien saluer la prestation du Milanais, désormais à deux unités du record de Thierry Henry (49 buts contre 51) en équipe de France. Signe que les temps changent après un Euro 2021 raté. Et que la candidature de Giroud pour le Mondial n’a jamais paru aussi crédible.

Un réservoir conséquent malgré l’hécatombe

Optimiste de nature et conscient de devoir s’adapter en permanence, Didier Deschamps a été contraint de procéder de cette façon face aux nombreux forfaits d’avant-rassemblement (Lloris, Kimpembe, les frères Hernandez, Konaté, Digne, Pogba, Kanté, Rabiot, Kamara, Coman, Benzema) auxquels se sont ajoutés Koundé et Maignan jeudi. En voyant le verre à moitié plein, cette situation a permis aux bizuths Benoît Badiashile et Youssouf Fofana de crever l’écran au Stade de France. Au point de croire logiquement à une place pour le Mondial. «Le vivier français est incroyable», reconnaît Kylian Mbappé. Dimanche soir à Copenhague, une ultime occasion de briller se présentera pour tout ce petit monde. Après, il sera (déjà) trop tard.

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