Des responsables américains ont fait pression sur le Canada pour qu’il arrête le “Freedom Convoy”, révèle un nouveau témoignage


Les hauts responsables de l’administration Biden ont pressé leurs homologues canadiens de dégager les camionneurs bloquant certaines parties de la frontière nord des États-Unis lors des manifestations de janvier.

Une enquête publique sur la décision du gouvernement canadien d’utiliser les pouvoirs d’urgence pour dégager les manifestants du “Freedom Convoy” a révélé jeudi que des appels téléphoniques frénétiques avaient été passés par Washington à Ottawa dans le but d’ouvrir des lignes d’approvisionnement étouffées.

“Ils sont très, très, très inquiets”, a écrit la ministre canadienne des Finances, Chrystia Freeland, dans un e-mail à son personnel après un appel téléphonique le 10 février du directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche, Brian Deese, selon Politico.

“Si cela n’est pas réglé dans les 12 prochaines heures, toutes leurs usines automobiles du nord-est fermeront”, a poursuivi Freeland dans son e-mail.

Le secrétaire aux Transports Pete Buttigieg a téléphoné à son homologue canadien, le ministre des Transports Omar Alghabra, le jour même où Deese a appelé Freeland, selon le rapport, et Buttigieg a pressé Alghabra au sujet du « plan de résolution » des manifestations du Canada.

Alghabra a déclaré à la commission que Buttigieg avait lancé l’appel et que l’interaction était “inhabituelle”.

La ministre canadienne des Finances, Chrystia Freeland, a écrit dans un courriel que la Maison Blanche était très, « très, très inquiète » à propos des manifestations.
REUTERS/Blair Gable/photo d’archives

Brian Clow, chef de cabinet adjoint du premier ministre du Canada, a également entendu des assistants de la Maison Blanche, dont le directeur du Conseil de sécurité nationale Juan Gonzalez, qui souhaitaient mettre en relation des responsables canadiens de la sécurité nationale avec le département américain de la Sécurité intérieure.

Un appel téléphonique entre le président Biden et le Premier ministre canadien Justin Trudeau a eu lieu le lendemain, le 11 février, au cours duquel Trudeau a fait savoir au commandant en chef qu’Ottawa avait un plan pour mettre fin aux blocages.

Dans son appel avec Trudeau, Biden aurait fait allusion à des convois de camionneurs qui menaceraient de perturber le Super Bowl à Los Angeles et les rues de Washington.

Freeland a déclaré au personnel dans un e-mail que les Deese voulaient des mises à jour quotidiennes sur les manifestations qui ne se sont jamais matérialisées parce que la loi sur les urgences a été invoquée trois jours après l’appel de Trudeau avec Biden.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président Biden ont parlé au téléphone des manifestations du 11 février.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président Biden ont parlé au téléphone des manifestations du 11 février.
Photo AP/Evan Vucci

Freeland a déclaré aux enquêteurs canadiens qu’elle craignait que le Canada ne soit “en train de causer un préjudice à long terme et peut-être irréparable à nos relations commerciales avec les États-Unis” et craignait les politiciens de DC “qui aimeraient n’importe quelle excuse pour nous imposer des mesures plus protectionnistes”.

Les blocus frontaliers au Manitoba et entre Détroit et Windsor ont été levés avant l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence, a constaté la commission.

La loi canadienne, jamais utilisée auparavant, a donné au gouvernement le pouvoir de geler les comptes bancaires des manifestants, d’interdire les déplacements vers les sites de protestation et de forcer les camions à remorquer les véhicules bloquant les rues.

La commission cherche à déterminer si le gouvernement était justifié d’invoquer les pouvoirs d’urgence.

Les manifestants du « Freedom Convoy » manifestaient contre les mandats et les restrictions du vaccin COVID canadien.

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