Prix d’Amérique : Si Vincennes pouvait parler

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OBSERVATOIRE DU SPORT BUSINESS – Focus sur une course légende, celle du Prix d’Amérique, dimanche à Vincennes.

Titulaire d’un Master de la Sorbonne, spécialisé dans les questions relatives à l’Amérique latine, Mathieu Sauvajot a d’abord rédigé des articles traitant de la géopolitique et de l’économie de ce continent, avant de se tourner vers le domaine du sport. Désormais, il est rédacteur auprès de l’Observatoire du Sport Business.

Reconnue pour ses jockeys, ses centres d’entraînement et ses hippodromes, que serait la France sans ses courses hippiques ? Paradoxalement, si l’intérêt ne faiblit pas, en témoigne le nombre de paris enregistrés chaque année, les Français semblent de moins en moins enclins à venir vivre l’expérience depuis les tribunes, malgré les efforts de grands noms du football ou du basketball pour les convaincre. Fort heureusement, quelques réunions font figure d’exception et parviennent à attirer les foules grâce à une course légende, à l’image du Prix d’Amérique à Vincennes.

Depuis sa première édition en 1920, le Prix d’Amérique a bien changé. Nommé ainsi en hommage aux soldats américains ayant soutenu la France durant la Première Guerre mondiale, il a su évoluer avec son temps, sur le plan sportif en adaptant ses distances et conditions de participation, mais aussi sur le plan économique. Tandis que cette année une allocation d’un million d’euros sera mise en jeu, elle était de l’ordre de 20 000 francs il y a maintenant un siècle.

Bien entendu, ses nombreux champions souvent hauts en couleurs, ont eux aussi grandement contribué au prestige de la course. De Pro Patria, vainqueur des deux premières éditions – dont le nom n’est pas sans lien avec l’époque où il a vécu – à Roquépine, qui donna son premier titre au célèbre Pape de Vincennes, Jean-René Gougeon, ou encore Idéal du Gazeau, double vainqueur de l’épreuve et bien plus encore du haut de son 1,56 m, sans oublier bien entendu Ourasi, ce « roi fainéant » qui courra sous les yeux de Mitterrand, sur ce même hippodrome de Vincennes, avant de rentrer dans la légende un an plus tard en remportant la plus belle des courses de trot une quatrième fois. Voilà sans doute ce qu’il nous raconterait, si seulement l’hippodrome de Vincennes pouvait parler.

Suspense total pour cette nouvelle édition Panoramic

Une année riche en évènements

À chaque année ses champions, et bien entendu 2022 n’aura pas fait figure d’exception, à commencer par la lutte entre Eric Raffin et la famille Abrivard afin de décrocher le sulky d’or. Mission accomplie pour la quatrième année consécutive avec 258 victoires, histoire de se rapprocher un peu plus de Jean-Michel Bazire, même si le chemin est encore long. L’année fut également belle pour Philippe Allaire, sacré meilleur propriétaire, mais surtout, un entraîneur exceptionnel pouvant se vanter d’avoir permis aux chevaux dont il avait la charge de remporter 11 992 en moyenne, même s’il faut bien admettre que sur le plan sportif, non seulement Thierry Duvaldestin s’est montré bien meilleur, mais le plus beau reste à venir.

Tout le monde n’attends désormais plus qu’une chose, la confrontation entre son protégé, Idao de Tillard, et Horsy Dream, drivé par Eric Raffin en personne. Le premier fera figure de grand favori pour cette édition du Prix d’Amérique, rien de plus normal avec 18 victoires et 866 930 € de gain durant l’ensemble de sa carrière, dont 720 300 € rien qu’en 2022, mais il ne faut pas négliger son rival, car bien que plus modeste au niveau des gains, à savoir 433 470 € depuis ses débuts, il est tout aussi talentueux, comme en témoignent ses deux victoires lors du Prix Ténor de Baune et du Prix de Belgique.

Qu’en est-il des concurrents suédois cette année, vous demandez-vous ? Car après tout, un Prix d’Amérique sans la Suède serait un peu comme une Coupe du Monde de football sans le Brésil. Hélas, leur champion incontesté et invaincu sur sa terre natale aux 600 000 € de gains cumulés, Calgary Games, n’est pas parvenu à se qualifier à Vincennes, malgré une saison de haute volée. Qu’importe, l’avenir lui appartient et comme vous l’aurez compris, cette année la compétition n’en sera pas moins redoutable.

Chaque année, ce sont plus de 500 journalistes en provenance d’une vingtaine de pays ainsi que 40 000 spectateurs qui font le déplacement Panoramic

Tous les regards tournés vers l’Amérique

Là où le Prix d’Amérique n’est pas une course comme les autres, c’est dans sa capacité à attirer tous les regards le temps d’une journée, et ce, bien au-delà des frontières de l’hexagone. Bien évidemment les téléspectateurs français sont toujours au rendez-vous, à l’image des 1,135 M d’entre nous ayant regardé la course en 2021 (soit 9,2% de parts de marché) mais nous sommes loin d’être les seuls, car pas moins de 36 pays la retransmettent. Quant aux plus chanceux pouvant assister à l’évènement depuis l’hippodrome, ils ont pour habitude eux aussi d’être particulièrement nombreux, chaque année, ce sont plus de 500 journalistes en provenance d’une vingtaine de pays ainsi que 40 000 spectateurs qui font le déplacement. Souvent trop peu fréquentées, les tribunes de Vincennes débordent alors, mais les plus grands gagnants, ce sont peut-être les entreprises de paris sportifs.

Si un peu plus de deux millions d’euros sont mis en jeu par Le Trot lors de la réunion – dont un million uniquement pour la course reine, souvent à grand renfort de mécénat – ce sont plus de 31 millions d’euros qui sont joués par près de 6 millions de parieurs en moyenne, qui espèrent toucher le jackpot. Cette année encore, un duel entre deux grands noms se profile pour la victoire finale et une majorité de parieurs ne prendra aucun risque, pourtant, en 2010, ce sont bien les plus téméraires qui furent récompensés avec la victoire d’Oyonnax, dont la cote était alors de 173/1, ce qui n’est pas sans rappeler en quoi le monde du trot est si différent de celui du galop. Tandis que le Prix de l’Arc de Triomphe à Longchamp, ou même celui de Diane à Chantilly, ne peuvent se détacher de l’image élitiste qu’ils renvoient, le Prix d’Amérique a su quant à lui garder cet aspect populaire manquant si souvent au sport de nos jours.

Parmi les primo-participants au Prix d’Amérique 2023, quels trotteurs sont en tête du classement des gains ? Le Trot

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