«La plus belle victoire de ma carrière»

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Sacré champion du monde du combiné chez lui à Courchevel, le skieur français a pris le temps de se confier après cet exploit «inattendu».

Notre envoyé spécial à Courchevel

Alexis, quelle saveur revêt ce titre mondial du combiné à domicile ?
Alexis Pinturault : C’est assez incroyable, surtout que cela n’allait pas dans le sens de ma saison qui était jusqu’à présent assez difficile. Ce titre n’était pas forcément attendu, même si j’avais l’envie et la motivation de donner le meilleur de moi-même pour cet événement. Je rêvais de ce titre mais il fallait aussi que je sois réaliste, au sens où je n’avais fait qu’un seul podium cette saison (3e lors du super G de Beaver Creek). Du coup, de pouvoir aller chercher une médaille d’or sur ce combiné était quelque peu inespéré. D’autant plus au vu de mes deux derniers slaloms à Kitzbühel et Schladming où je n’avais même pas réussi à me qualifier pour la seconde manche à chaque fois. Cela faisait très longtemps que j’avais ces Mondiaux en tête mais il y a une grande différence entre l’envie d’y arriver et de le faire.

On vous a senti très ému après l’arrivée…
Oui, c’était sans doute décuplé par ce début de saison difficile. De voir immédiatement Marco (Schwarz, son dauphin) rester derrière moi pour un petit dixième, c’était un vrai soulagement. Automatiquement, je savais que le podium était quasiment assuré, et que le titre n’était plus très loin. C’était déjà une grande satisfaction, et une certaine libération de le voir derrière moi. Ensuite, il y a eu la Marseillaise, devant mon public, qui a été un moment très particulier et fort.

Est-ce possible de comparer ce titre à celui de 2019 à Are, toujours en combiné ?
C’est très différent. À Are, c’était un titre important mais ici, cela restera forcément comme l’un des plus grands titres de ma carrière avec le gros globe de cristal et les médailles aux Jeux olympiques.

Comment avez-vous fait pour vous remettre la tête à l’endroit sur ce combiné ?
Je pense que j’ai vraiment à cœur de profiter de ces Mondiaux dans ma station, devant ma famille, mes amis… Pour moi, c’était vraiment le plus important que de pouvoir profiter de cette atmosphère, de cette chance unique. Du coup, j’ai voulu surfer là-dessus. Tout le monde me parlait de la pression d’évoluer à domicile mais je prends ces mondiaux totalement dans le sens opposé. Après, peut-être que mon début de saison m’aide aussi sur ce point. Si j’étais arrivé ici en faisant partie des grands favoris, automatiquement, on attendrait énormément de moi. Alors que là, je suis dans une situation où je n’ai pas fait grand-chose auparavant. Quelque part, c’est peut-être plus facile dans ce sens-là, même si ma volonté de bien faire était très présente.

Pensez-vous en avoir fini avec deux années très compliquées, depuis votre gros globe de cristal en mars 2021 ?
Ce qui est certain, c’est que depuis ce gros globe, je n’étais plus remonté sur la plus haute marche d’un podium. Je ne sais pas si j’en ai fini, mais en tout cas, aujourd’hui, j’ai réussi à imbriquer tout ce que j’arrivais à faire à l’époque, et j’ai clairement senti que le vieux était toujours bon. Je reprends les mots de Teddy (Riner) que j’ai entendus dimanche après sa victoire à Paris.

Est-ce la plus belle victoire de votre carrière ?
Si on parle d’une seule épreuve, oui, on peut dire que c’est ma plus belle victoire en carrière. Après, elle est pleine d’histoire, je gagne en France, dans ma station, ce qui rajoute quelque chose qui est un supplément d’âme.

Qu’a pu vous apporter votre saison dernière, lors de laquelle vous avez dit avoir touché le fond ?
Je pense qu’elle m’a permis de me poser les bonnes questions, de me demander si j’avais toujours envie de continuer et si aujourd’hui je suis encore là, c’est parce que j’en avais encore la motivation. Cela m’a permis d’aller au plus profond de moi-même pour voir ce dont j’avais envie. Après, il fallait pouvoir remettre tout cela en forme. L’année dernière, j’ai pris du retard sur le développement du matériel, ce qui s’est vu sur le début de la saison en cours. Et puis sur ces Mondiaux, la donne est différente car ce sont des épreuves à part. la preuve en est, j’arrive ici avec un seul podium en deux ans et je suis champion du monde. Toute cette expérience m’a permis d’apprendre ce dont je suis capable, et qu’il faut savoir mettre de côté ce qui est arrivé sur le circuit classique quand on arrive sur un événement à part comme celui-ci.

Votre manche de super G vous donne-t-elle des idées pour jeudi (date de l’épreuve du super G proprement dit) ?
Je ne sais pas, car ce sera un autre jour, avec plus d’athlètes, avec d’autres qui partiront avec un meilleur dossard, comme Odermatt qui ne s’élancera pas avec le numéro 31. Je pense que mon super G aujourd’hui a été très bon et là, je dois me reposer et profiter aussi. Je crois que j’ai envie d’en profiter un peu et après, on prendra étape par étape. Le super G est une discipline où je m’amuse, où j’arrive à faire des bons résultats depuis le début de la saison et sur laquelle je me sens plutôt bien sur mes skis. Donc on verra.

Votre titre est aussi un formidable tremplin pour toute l’équipe de France…
Je pense que c’est un bon début. Je sais ce que c’est que d’arriver en seconde semaine alors qu’il n’y a eu aucune médaille et que c’est la disette. À ce moment-là, il y a une forme d’anxiété qui arrive chez les entraîneurs, les athlètes, un peu tout le monde en fait… Donc j’espère que ce titre profitera à tout le monde.

Les champions du monde français

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