Une équipe de l’Université de Genève s’est intéressée à une question particulière : le cerveau humain est-il capable de distinguer les vocalisations de différentes espèces de primates ?
Pour le savoir, 25 volontaires ont écouté, à l’aide d’un casque pendant un examen IRM, des vocalisations humaines ainsi que celles de chimpanzés, de macaques et de bonobos. Après une période de familiarisation, les participants devaient identifier l’espèce correspondant à chaque son.
Les chercheurs ont constaté que les participants reconnaissaient relativement facilement les vocalisations des macaques et des chimpanzés. Dans ces situations, certaines régions frontales et orbitofrontales du cerveau étaient activées de manière comparable à ce qui était observé avec les sons humains. Le résultat était différent avec les bonobos. Leur identification s’est révélée beaucoup plus difficile et les réponses des participants se rapprochaient davantage du hasard.
La proximité acoustique joue un rôle important
Ces résultats suggèrent que la proximité biologique entre deux espèces ne suffit pas à expliquer notre capacité à interpréter leurs vocalisations. La proximité acoustique semble également importante : plus les fréquences utilisées se rapprochent de celles des vocalisations humaines, plus certains sons paraissent faciles à identifier.
Les vocalisations des bonobos sont notamment très aiguës et peuvent rappeler certains chants d’oiseaux. Cette différence acoustique pourrait expliquer pourquoi elles restent difficiles à reconnaître malgré la proximité phylogénétique entre les bonobos et les humains. Les prochaines recherches chercheront à aller plus loin. L’objectif sera notamment d’étudier si les participants peuvent reconnaître non seulement l’espèce à l’origine d’une vocalisation, mais aussi certaines informations émotionnelles qu’elle transmet.