Noah Lyles, un hiver à peaufiner ses départs pour décrocher l’or à Paris


Noah Lyles
SAM WASSON / AFP

Triple champion du monde l’été dernier à Budapest sur 100, 200 et 4x100m, l’Américain rêve d’une autre razzia lors des JO 2024. Pour cela, le sprinter a travaillé son point faible : la mise en action.

À 26 ans, Noah Lyles participe vendredi à Glasgow à ses premiers championnats du monde en salle et veut briller sur le 60 mètres, une discipline qui correspond moins à ses qualités mais sur laquelle il a réalisé des progrès fulgurants ces dernières semaines. À Boston début février, il a ainsi retranché sept centièmes à son record personnel dès sa première course de l’hiver (7’’44), avant d’abaisser encore le chrono pour remporter les championnats des États-Unis en 7’’43, synonyme de meilleure performance mondiale de la saison juste devant le recordman du monde de la discipline Christan Coleman.

«Les gens disent que mon départ n’est pas bon, mon accélération non plus, mais je viens d’améliorer mon 60m, la pire partie de ma course (sur 100 et 200m), ça devient dangereux !», avait jubilé l’Américain après Boston, prenant déjà rendez-vous pour l’été. Jusqu’à cette année, l’ancien spécialiste du 200 mètres n’avait jamais été parmi les plus compétitifs sur 60 mètres (il n’était que le 13e performeur mondial l’hiver dernier), une distance trop courte pour faire parler son incroyable fin de course et compenser ses départs moyens. Mais il le sait : s’il veut réitérer son exploit de Budapest et réaliser un nouveau triplé à Paris, Noah Lyles, sextuple champion du monde mais jamais titré aux Jeux, ne peut pas se reposer uniquement sur ses talents de finisseur. Il doit aussi être parmi les plus explosifs dès les premières dizaines de mètres.

L’année dernière, l’Américain avait déjà commencé sa mue en travaillant les débuts de course. «Je me suis vraiment rendu compte que c’était là où j’étais distancé», a-t-il récemment expliqué. «Les dix premiers mètres sont cruciaux, mais les vingt mètres suivants le sont encore plus: c’est là que je pouvais le plus progresser.» L’athlète ultra-perfectionniste s’est donc inspiré des meilleurs en analysant les courses de ses compatriotes Christian Coleman et Trayvon Bromell, tous les deux redoutables dès la sortie des starting-blocks. Il est aussi passé à la vitesse supérieure en musculation, passage obligé pour être plus explosif au départ, et poste régulièrement sur ses réseaux des vidéos où il bat ses records en soulevé de terre.

Surtout, le sprinteur a expliqué qu’il avait travaillé avec Ralph Mann, vice-champion olympique du 400 mètres haies en 1972 et spécialiste en biomécanique, pour optimiser – des chevilles aux épaules – sa position dans les «starts». «Avec lui, j’ai compris que j’étais désormais assez fort pour avoir une première foulée plus longue et plus puissante, que j’allais pouvoir pousser sur les premiers appuis sans chercher à me relever trop vite», a détaillé Lyles.

C’est juste de la salle. Mais faire ces chronos de manière constante… Cela veut dire que l’été va être un feu d’artifice.

Noah Lyles

Si la mécanique avait déjà commencé à se mettre en place l’été dernier, lui permettant de battre son record et de gagner son premier titre international sur 100 mètres (9 sec 83) tout en restant le roi du 200 mètres, Noah Lyles a franchi un nouveau cap cet hiver et sa présence à Glasgow, alors que d’autres stars ont boudé l’évènement, est l’une des principales attractions du championnat. «C’est juste de la salle», a lui-même admis Lyles. «Mais faire ces chronos de manière constante… Cela veut dire que l’été va être un feu d’artifice.»

Le souvenir amer de Tokyo

S’il rêve de décrocher en Écosse son premier titre international en salle, l’exubérant Américain reste concentré sur la seule médaille qui compte pour lui : l’or olympique. À Tokyo en 2021, pour ses premiers Jeux, Lyles faisait figure de favori sur le 200m mais avait dû se contenter d’une frustrante 3e place. «Depuis que j’ai franchi cette ligne d’arrivée (à Tokyo), Paris 2024 est la seule chose que j’ai en tête», a-t-il expliqué en décembre à Monaco, à l’occasion d’une cérémonie organisée par la Fédération internationale d’athlétisme. «J’ai vite compris qu’une médaille mondiale ne faisait pas le poids par rapport à une médaille olympique», avait ajouté celui qui veut aussi battre le record du monde d’Usain Bolt sur 200m. «La seule chose dont les gens parlent et se souviennent, c’est la médaille olympique.»



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